Les petits papiers

Un constat

Dans mes cours, j’ai souvent vu certains de mes élèves faire un blocage face aux documents que je leur présentais. Cette constatation, la plupart de mes collègues la font aussi. Les raisons sont nombreuses. Certaines sont liées à des troubles ou des pathologies (dyslexie, troubles cognitifs…), d’autres à des facteurs environnementaux (très faible culture de l’écrit dans le cadre familial…). Je peux récolter des informations et les faire remonter à des personnes qualifiées mais il ne m’appartient pas de poser des diagnostics ni de juger les causes liées à l’histoire personnelle des élèves.

La situation peut devenir très handicapante pour les élèves concernés, qui se sentent vite exclus du cours, mais aussi pour la classe divisée en groupes trop hétérogènes ; sans parler d’un certain tourment pour le professeur qui peut se sentir démuni devant la difficulté à mener de front tant de batailles pédagogiques.

Lire la suite

Les Heures chaudes de Montparnasse

J’ai écrit cette analyse pour le site DVDClassik il y a quelques années déjà. Depuis, on en voit parfois des morceaux traîner dans les critiques du net. Voici donc mon texte original en version intégrale.

L’Histoire

En 1905, au salon d’automne, le critique d’art Louis Vauxcelles vitupérait contre les œuvres de Derain, Matisse, Vlaminck qui avaient fait de la salle VII une « cage aux fauves ». À Montmartre en 1907, Picasso déroutait ses compagnons du Bateau-Lavoir avec son Bordel philosophique, œuvre rebaptisée ensuite les Demoiselles d’Avignon et qui fut le détonateur de la révolution cubiste. Ces artistes qui effrayaient les critiques d’art étaient venus à Paris, de tous les horizons et de tous les milieux, attirés par les maîtres de la peinture moderne, les Degas, Gauguin, Renoir et surtout Cézanne. En grande majorité trop pauvres pour résider à Montmartre, l’acropole parisienne de l’avant-garde de la génération précédente, ils se sont installés dans l’ancien faubourg populaire du Montparnasse (annexé en 1860 par la municipalité, il se situe à cheval sur le VIe, le XIVe et le XVe arrondissement, entre le carrefour Vavin et l’avenue du Maine). Avec les remous de l’histoire du premier XXe siècle, l’afflux des artistes étrangers – notamment de ceux qui fuyaient les pogroms, les révolutions, ou les climats intellectuels rigides de nationalisme ou de censure – contribua à faire de Montparnasse la « Mecque internationale de l’art », haut lieu de toutes les ruptures modernistes. Dans les années 1920, l’âge d’or se poursuivait avec Dada puis le surréalisme… Montparnasse – réalisant la promesse contenue dans son nom – était tout simplement devenu le cœur de la vie intellectuelle et artistique de la capitale et les Montparnos une communauté internationale désormais aussi réputée pour son mode de vie et ses fêtes extravagantes que pour son art. Elle ne survécut cependant guère à l’occupation qui vida le quartier de ces artistes jugés dangereux pour la culture européenne. À la Libération, la vie passionnée s’était déplacée à Saint-Germain et Montparnasse entama sa lente mutation en quartier des affaires.

Lire la suite

Docteur Mabuse, le joueur

J’ai écrit cette analyse pour le site DVDClassik il y a quelques années déjà. Depuis, on en voit souvent des morceaux traîner dans les critiques du net. Voici donc mon texte original en version intégrale.

mabuse_joueur

Dans les temps troublés de la République de Weimar, le mystérieux docteur Mabuse use de ses pouvoirs psychiques pour perpétrer des crimes audacieux dans le plus grand anonymat. Sur les traces de ce génie du mal, le procureur Von Wenck se lie d’amitié avec Gerhard Hull, jeune industriel fortuné. Ce dernier, qui a été la victime d’une étonnante arnaque au jeu, va l’introduire dans le milieu interlope du Berlin nocturne.

Analyse du film

Lire la suite

L’architecture religieuse du Parisis au XVIe siècle

J’ai écrit cet article pour l’ouvrage intitulé Églises du Val-d’Oise : Pays de France, vallée de Montmorency : dix siècles d’art sacré aux portes de Paris. Dirigé par Dominique Foussard, Charles Huet et Mathieu Lours, il a été publié par la Société d’histoire et d’archéologie de Gonesse et du Pays de France en 2007.

Image

Le 16e siècle est à bien des égards celui de la Renaissance. Il faut bien entendu d’abord l’entendre comme la renaissance supposée de la culture antique, pourtant jamais vraiment oubliée pendant le Moyen Âge. Mais c’est aussi une période de renaissance des campagnes et des villes après la tourmente de la guerre de Cent Ans. Celle-ci est favorisée par une reprise démographique – vigoureuse depuis le dernier tiers du 15e siècle – et une situation économique favorable liée à l’achèvement du travail séculaire de défrichage du territoire. Ce contexte a été propice à la reprise de l’activité monumentale en Île-de-France.

Lire la suite