Le « plan-papier », un moyen d’améliorer la réalisation de diaporamas par les élèves.

Parmi les mises en activité possibles des élèves, la présentation est un exercice aux potentialités très fortes ; c’est un exercice qui mobilise de très nombreuses capacités, d’analyse comme de synthèse, et dont les enjeux sont multiples. On peut décomposer le processus en quatre temps principaux.

– L’enquête. Les élèves doivent s’approprier le sujet de leur présentation à partir d’un dossier documentaire, d’une liste de sources, d’études, etc.

– Le choix et la conception d’un support de présentation qui rassemblera les éléments principaux.

– La réalisation du support et l’organisation de la parole lors de la présentation.

– La prestation devant la classe.

Dans cet article, je vais me concentrer sur le deuxième temps : la conception du support lorsque ce support est un diaporama. Je présente ici une démarche possible à laquelle j’ai trouvé de nombreux avantage pour surmonter quelques écueils propres à l’outil. Je vais commencer par recenser les principales difficultés auxquelles sont confrontés les élèves, la classe dans son rôle d’auditoire et les professeurs chargés d’évaluer la présentation lorsqu’elle est appuyée sur un diaporama.

Les dangers de la « préao »

Voici un florilège, non exhaustif, des principaux griefs que j’ai retenus contre la plupart des diaporamas réalisés par mes élèves :

La « pensée après coup »

La perspective de faire un travail sur l’ordinateur provoque souvent un excès d’enthousiasme lié à l’outil. Les élèves se jettent alors sur la machine, ouvrent le programme et se focalisent bien plus sur la manipulation du logiciel que sur le contenu, qui sera vaguement défini une fois qu’ils auront bien joué avec les titres et les animations.

Le diaporama fleuve

Une volonté de tout montrer ou de tout dire aboutit à la production de diaporamas indigestes. L’accumulation d’une suite de clichés prend la place d’une organisation de la pensée et de la démonstration. On peut voir ce travers comme une des conséquences de la « pensée après coup ». 

Le copier-coller

Comme tous les travaux de présentation, le diaporama souffre de la pratique abusive de la recopie d’articles tirés de Wikipédia (dans le meilleur cas), voire de sites Internet plus ou moins rigoureux. Cette tendance naturelle chez les élèves est aggravée par le fait que le support numérique se prête particulièrement bien à la manipulation du copier-coller.

Le dos du conférencier

C’est un autre travers qui a sûrement frappé tous les professeurs qui se sont essayés à la réalisation de présentations appuyées sur des diaporamas : une réalisation mal préparée aboutit à un excès de textes sur les diapositives. Cela conduit les élèves conférenciers à adopter une posture pour le moins incongrue, celle de lecteurs de leur propre présentation, tournant le dos à leur audience. Dans ce cas de figure, il n’est pas rare que celle-ci ait fini de s’approprier le contenu de la diapositive bien avant que le conférencier n’ait fini de lire son propre travail.

Une fois confronté à ces différents travers, il paraît évident que la préparation du devoir n’a probablement pas été faite de manière satisfaisante. Je pense même qu’on peut dire que l’outil informatique s’est révélé contre-productif parce qu’il a été mal employé. Pourtant, Il est possible de tirer parti de cet outil formidable sans le laisser s’interposer entre l’élève et son travail, mais il est nécessaire pour cela de ne le faire intervenir qu’à la dernière étape, celle de la mise en forme d’une pensée déjà élaborée. À titre d’expérience, j’ai donc établi une règle : lorsque des élèves choisissent le format du diaporama numérique comme support de présentation, j’impose la réalisation d’un « plan-papier » avant de permettre la réalisation du diaporama sur ordinateur.

Le « plan-papier » comme remède

Lorsque la phase d’enquête est terminée, que les élèves se sont appropriés, au moins en partie, le contenu du sujet qu’ils doivent présenter, je leur distribue une demi-douzaine de feuillets, en général des quarts de feuilles A4. Je leur donne comme consigne de réaliser une « maquette » de leur futur diaporama.

Chaque feuillet compte pour une diapositive. J’essaie ainsi d’en limiter le nombre de manière raisonnable. Pour chaque diapositive, je demande aux élèves de dessiner le contenu au recto : titre, sous-titre, nombre et nature des documents (un ou deux dans l’idéal). Le verso est réservé aux commentaires que les conférenciers devront faire pour présenter cette diapositive précise. Les différentes diapos du plan papier sont numérotées et, s’il s’agit d’un travail de groupe, la répartition de la parole est fixée dès ce moment.

Dès que le plan-papier est terminé, je peux l’évaluer et indiquer aux élèves les problèmes de conception de leur support. C’est donc un travail dores et déjà validé que les élèves vont mettre en forme sur l’ordinateur. Ils vont pouvoir ainsi concentrer leurs efforts sur la recherche des documents les plus pertinents et sur la conception d’un diaporama plaisant visuellement.

Mes expériences ont montré un progrès assez spectaculaire des élèves dans cet exercice : les diaporamas sont plus condensés, leur rôle de support est bien plus plus clair, les conférenciers se sont tournés vers leur audience en lisant les notes situées au revers du plan papier. La méthode a été clairement reconnue comme préférable par la classe elle-même.

cc-by-sa

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