De l’usage délicat d’un document projeté depuis un ordinateur

« Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt ». Ce proverbe chinois bien connu parfois attribué à Confucius, quel professeur n’a pas éprouvé au moins une fois l’envie de le clamer pendant un cours ? Non pas que les élèves soient des idiots, mais il faut bien admettre que pour de jeunes auditeurs – plus ou moins contraints d’assister à un cours – le fond est rarement plus attirant que la forme. Passons vite sur les causes, auxquelles nous n’arriverons pas à faire un sort dans cet article, et voyons comment on peut limiter les sources de distractions susceptibles de s’interposer entre le document et l’attention de l’élève.

Choses entendues lors de la projection d’un document :

« – regarde, c’est Windows 8.1, trop cool.

– Non, mon père il dit que c’est naze. Il a remis Windows Sven.

– Apple c’est mieux de toute façon !

– Il y a quoi dans votre dossier « personnel » ?

– Il faut utiliser VLC, ça marche mieux.

– C’est pourri Firefox !

– M’sieur, il faut aller dans les préférences et changer le réglage, je peux vous montrer »

Autant dire que la façade de cathédrale projetée au tableau passe au second plan.

Les utilisateurs avertis d’applications de préao (Microsoft Power Point, LibreOffice Présentation, Apple Keynote, etc.) savent déjà qu’un diaporama réussi se fait en utilisant deux écrans : un pour l’intervenant et l’autre pour l’audience, ce dernier ne présentant aucune trace d’une interface inutile pour lui et qui n’ajouterait que du « bruit » à la démonstration. Ces applications spécialisées gèrent nativement l’usage des écrans externes mais pour dissocier totalement les deux écrans en tout temps, et donc pouvoir camoufler toutes les manipulations faites par le professeur lorsqu’il cherche un fichier, effectue une recherche rapide sur Internet, remplit le cahier de texte en ligne, etc., il est nécessaire de faire quelques aménagements.

1. Étendre son « bureau »

En informatique, l’environnement de travail est souvent appelé « bureau ». C’est le point de départ de l’utilisateur, souvent personnalisé avec un ensemble de raccourcis et un fond d’écran. Autant de repères pour l’utilisateur qui sont des distractions pour l’auditoire. Et ne parlons pas des manipulations de fichiers qui sont source d’une attention inutile de la part des élèves. Pour éviter cela, il faut configurer son ordinateur de manière adéquate, c’est-à-dire en mode « bureau étendu ». Sur Windows 8.1, il suffit de faire apparaître la barre des charmes, de choisir l’onglet « Périphériques », puis « Projeter » et enfin « Étendre » et le tour est joué. Le vidéoprojecteur (second écran) devient une extension du bureau à laquelle on accède en faisant sortir le pointeur par un bord (le plus souvent, le bord droit) de l’écran. On glisse donc dans cet espace secondaire les fenêtres que l’on souhaite montrer à la classe. Le reste du temps, l’écran reste vide, particulièrement si on a choisi des options d’affichage adéquates comme le fait de dissimuler la barre des tâches (ou le dock sur Mac) dans l’écran secondaire. On peut aussi y retirer le fond d’écran. Je fonctionne ainsi depuis plusieurs années et j’y ai vu rapidement un grand bénéfice. Pour les autres versions de Windows ou les autres systèmes d’exploitation, quelques recherches sur Internet permettent de trouver rapidement la procédure adéquate.

2. Supprimer les interfaces

Plus récemment, j’ai eu envie de m’attaquer à un autre petit problème. J’utilise un PC sous Windows 8.1 en classe, système fourni avec un visionneuse d’image (deux en fait, mais je n’aime pas trop la version « moderne » adaptée au tactile sur mon laptop). Avec un petit truc (ouvrir une image dans la visionneuse, glisser la fenêtre sur l’écran secondaire et fermer la fenêtre), on obtient que toute nouvelle image s’ouvre par défaut directement sur l’écran secondaire, tout en gardant le contenu du dossier bien visible sur l’écran principal. Cependant, la visionneuse présente elle-même une interface qui permet certaines manipulations. Dans cette interface existe une « barre de titre » que les plus malins repèrent très vite afin d’en tirer certains renseignements qu’on aurait préféré voir déduire du document lui-même. Certes, on peut éviter cela en donnant des noms hermétiques à ses documents, du type « OCL824X », mais retrouver un document peut alors vite devenir une torture. Pour résoudre ce problème, et un autre dont je parlerai ensuite, j’ai choisi de remplacer la visionneuse d’images intégrée à Windows par un logiciel gratuit nommé XnViewMP. XnViewMP est donc, entre autres choses, une visionneuse permettant d’ouvrir un très grand nombre de types d’images, y compris des .gif animés, ce que ne permet pas la visionneuse de Windows. Une fois configuré pour devenir le logiciel de lecture par défaut des images, il faut aller dans le menu « Outils » et choisir « Options » pour accéder aux réglages. Dans l’onglet général, si on coche la case « Plein écran quand démarré avec un fichier », le fichier image sur lequel on clique s’ouvrira directement en plein écran et sans aucune interface visible. Seul le document sera visible par les élèves sans la moindre source de distraction.

3. Naviguer dans le document de manière efficace

L’autre problème auquel on est parfois confronté est lié au document lui-même. Plus celui-ci est complexe et foisonnant, plus il est délicat d’obtenir une lecture et un suivi synchrone par les quelques 25-30 élèves de la classe. Le professeur peut bien sûr se lever et montrer avec le doigt les éléments du document dont il est question, ou bien utiliser une baguette, ou encore un pointeur laser… mais on introduit alors une nouvelle source de distraction, parce qu’on a la chemise qui dépasse du pantalon ou parce qu’un élève a utilisé un pointeur laser dans le cours précédent lorsque le professeur avait le dos tourné… bref, parce qu’on montre la lune avec son doigt. On peut contourner le problème avec XnViewMP. Lorsqu’on clique avec le pointeur sur une partie de l’image, on peut tracer un rectangle de sélection. Ce qui est intéressant, c’est que la partie non sélectionnée de l’image devient alors plus sombre. L’œil des élèves est naturellement attiré par la zone lumineuse, sans le moindre dispositif de pointage, et le détail reste relié à son ensemble sans aucune rupture, permettant de le situer dans son contexte original. Même l’élève Lampion, qui arrive à s’intéresser à l’image trois minutes après les autres, voie ce que les autres voient, en même temps qu’eux, sans manquer l’information essentielle qu’il s’agit d’un détail dans un document plus vaste présenté plus tôt. Les bénéfices sont énormes : efficacité du document, synchronisation de l’attention des élèves et gain de temps pour le cours.

http://www.xnview.com/fr/xnviewmp/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s